Message des abeilles à leurs parrains......

Message des abeilles à leurs parrains...
Bonjour à tous !

Ces derniers mois ont été pour moi « en dents de scie ».
A la fois avec un hiver bien là, invitant à ralentir, se poser au coin du feux, manger gras, et tout ça ;)
A la fois avec des nuits agitées avec un petit bout qui a un sommeil, lui aussi, en dents de scie…

Il fallait aussi continuer les chantiers chez nous, faire des mises en pot, s’occuper de la miellerie, vendre le miel...
J’avoue, une certaine fatigue de ce rythme quotidien effréné et lourd à porter.
L’automne a été radieux, pour ne pas dire trop sec, trop chaud, et je me suis concentré sur la charpente.
Ça m’a fait du bien de "décrocher" un peu des abeilles, à la suite d’une saison bien intense et prenante. D’ailleurs, ce ne fut pas « une « mais plusieurs années d’apiculture bien intenses à vrai dire.

La mauvaise nouvelle c’est qu’en cette fin d’hiver je commence à compter les ruches mortes et il y en a beaucoup…
Je n’ai pas encore fait le tour de toutes les ruches mais il y en a pour le moment au moins 150 qui n’ont pas passé l’hiver.
La cause principale (après moi seul responsable bien sûr) c’est le varroa, petit acarien venu d’Asie dans les années 80 par le commerce mondiale, d’abeilles notamment, et responsable de la disparition des abeilles depuis.
Toutes les ruches sont donc traitées pour maintenir une pression de ce parasite acceptable dans la colonie d’abeilles, afin de ne pas atteindre le point de « non-retour », quand les varroas sont tellement nombreux qu’ils déciment toute la colonie.
J’utilise des acides organiques à des doses précises pour tuer le varroa sans nuire aux abeilles.
Je pense que c’est pour le moment le traitement le plus doux par rapport au thymol.
Il n’y a pas de résistance développée par le varroa ni résidu, les abeilles stressent moins et ne consomment pas les provisions. Seulement c’est très contraignant pour l’apiculteur.
J’ai entrepris cette année de construire avec un copain soudeur une machine qui puisse distribuer une dose d’acide d’une manière fiable et sure pour l’abeille et l’apiculteur.
J’ai traité mes ruches cet été et j’ai constaté une certaine efficacité, mais pas assez suffisante pour que cela soulage vraiment les ruches et qu’elles puissent passer sereinement l’hiver.

C’est un grand coup dur mais sans pour autant me démoraliser car je sais pourquoi il y a tant de mortalité, et l’accepte.

Autre coup dur cet automne, c’est la première confrontation avec le frelon asiatique dans mes ruches.
Je l’ai vu, impuissant, attaquer nos colonies, c’est déroutant.

J’ai beaucoup de travail à présent pour ramener les ruches une à une à la miellerie, les vider, trier, nettoyer, congeler les cadres 48h pour tuer les œufs et larves de fausses teignes (un autre parasite) avant qu’il ne mange toute la cire, et surtout remonter le cheptel, élever des nouvelles colonies à partir des existantes, repartir comme à mes débuts de quasi zéro, avec une expérience en plus.

Je vais passer ma saison à cela, ce qui m’enlève une part de stress liée à la production du miel. Je devrai quand même en faire, au moins pour vous, mais j’en ferai moins que les années précédentes.
Je ferai moins de transhumances, moins de nuits blanches, et j’aurai aussi plus de temps pour ma famille, plus de temps pour mettre les mains dans la terre à la ferme ce qui me réjouit d’un autre côté.
Cela fera 10 ans que je fais de l’apiculture, on peut dire dans un sens de la "mono culture" d’abeilles. Je dénonce en m’étant engagé avec la confédération paysanne notamment le système agro industriel clivant le végétal et l’animal en spécialisant les agriculteurs, les menants aux rendements à tous prix, en perdant le lien et l’amour du vivant.

Je prends cette occasion de ralentissement, diminution du nombre de ruches, pour m’orienter vers plus de "bio diversité" dans mes activités, tel un potager verger en permaculture, avoir un cheval et un âne, faire des travaux à la ferme, avoir du temps pour mes loisirs, ma famille, prendre du temps pour m’enrichir intérieurement de nouvelles expériences.

J’aime les abeilles, profondément, et c’est pour cela que je ne souhaite pas ré augmenter mon nombre de ruches comme avant à 250, mais plutôt m’orienter vers 160, afin de garder cette joie à aller les voir.
Bon, c’est un petit peu de « moi » que je vous livre, j’espère qu’il ne vous a pas ennuyé.

Encore plus qu’avant, votre parrainage a tout son sens pour moi. Il me permet de passer le cap, en sentant votre soutien et engagement. Cela me fait du bien et me remonte le moral ! Cela me donne envie de continuer mon beau métier d’apiculteur…

Les colonies qui ont passé l’hiver profitent en ce moment du pollen de noisetier.
Il est quasi fini d’ailleurs, c’est une des premières fleurs qu’elles butinent en sortie d’hiver.
Avec la chaleur il y en a d’autres qui pointent le bout de leur nez comme la primevère, encore timide mais suffisante pour stimuler les colonies.
Ce très (trop) beau temps est au moins une chance, les petites colonies n’auraient pas pu se chauffer suffisamment si le froid avait duré encore longtemps.